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Le vocabulaire du Yukidō

December 2017
Accompagner

En yukidō, la relation de soin se situe entre un accompagnant et un accompagné, elle consiste à « aller avec » de façon active mais non interventionniste. Par extension, accompagnement.

Accompagnant (un)

Désigne la personne qui accompagne pendant la pratique du mouvement régénérateur ou lors d’un soin yukidō. Par extension, l’accompagné.

Appui

Geste d'accompagnement exercé par la main permettant de répondre au besoin sensible indiqué par une pression interne.

Aspiration du plein

Impression sensorielle d’accompagnement qui se produit pendant le toucher de la sensation interne. La main paraît « aspirer » les chaleurs ou froids, tensions, crampes, fourmillements, grésillements etc. et les acheminer à l’extérieur du corps en s'éloignant de lui.

Aspiration du vide

Même processus que pour l’aspiration du plein, mais en sens inverse. La main qui accompagne se sent comme aspirée par la partie du corps en contact avec elle.

Auto-accompagnement 

Accompagnement par ses propres mains ou par des moyens appartenant à la sphère domestique : soleil, eau, argile, plantes etc. Se distingue de l’automédicalisation et de l’automédication par la priorité donnée aux sensations internes pour guider le soin.

Auto-apprentissage coopératif

Travail collectif d’apprentissage qui fait appel à l’autodétermination et à l’auto-évaluation. Essentiel à la transmission du yukidō, cette démarche permet à chacun d'apprendre de tous sans avoir à imiter qui que ce soit.

Besoin d’immobilité

Indication par la sensation interne que l’organisme a été bousculé. La main en contact reste immobile un temps. Lorsque ce besoin de base est comblé, les températures, consistances et mouvements sous-jacents peuvent exprimer leurs besoins sensibles et être accompagnés.

Besoin sensible

En yukidō, indication par la sensation interne de ce qui est bénéfique, nécessaire et suffisant à l’organisme, en termes de température, consistance et mouvement.

Bonadie

Néologisme créé par l’auteur pour dépasser les termes contradictoires de « maladie bénigne ». Par extension : bonade, associé à un symptôme régénérateur.

Bricolage 

Terme qui fait référence aux travaux de Lévi-Strauss (2010 [1962]), repris par de Certeau (2012). Le bricolage est inhérent à l’art de faire au quotidien, sa créativité s’exerce avec les moyens du bord, par tâtonnements autant que par expérience.

Conatus

Du latin conari, effort. Selon Spinoza (1999 [1677]), la capacité singulière de chaque être à persévérer pour conserver et augmenter sa puissance d’être.

Conscience élargie

Bergson (2012 [1907], p. 19) relie la conscience élargie à l’intuition et à « la continuité du flux de la vie intérieure »

Corps sans organes 

Concept introduit par Antonin Artaud dans « Pour en finir avec le jugement de Dieu » et repris par des philosophes (Deleuze et Guattari, Zourabichvili, Arsenie-Zamfir, Razac…). Il désigne un rapport sensitif au corps, fait de flux d’intensités qui s’affranchissent des limites anatomiques.

Coussin d’air, d’huile ou d’eau 

Impressions sensorielles d’accompagnement où la main semble ne pas pouvoir s’approcher à plus de quelques millimètres ou centimètres du corps accompagné sans « rebondir » sur un coussin d’air (élastique), d’huile (glissant) ou d’eau (plus ferme).

Creux

Impression sensorielle d’accompagnement où la main en contact semble tomber en s’enfonçant pour atteindre un fond.

Dai : 台 

Modèle ou plateforme à partir de laquelle travailler. Dans la relation de soin seitai, le dai est celui qui est accompagné.

Dégagement 

La main perçoit le dégagement de telle ou telle sensation interne au fait de se sentir doucement écartée à quelques centimètres de la partie accompagnée.

Détoxication

Élimination de substances toxiques exogènes : toxicité environnementale, empoisonnement alimentaire, métaux lourds…

Détoxination

Élimination des toxines endogènes : cholestérol, acides gras saturés, déchets colloïdaux et cristalloïdes, acide urique, débris de cellules mortes…

Domestique

À la maison, non savant, non didactique, non formel. Versus : savant, didactique, institutionnel.

Don

Terme employé par les guérisseurs (magnétiseurs et rebouteux) pour dire à la fois ce qui agit dans leur toucher et ce qui les désigne comme aptes à soigner.

Durée

Concept élaboré par Henri Bergson qui oppose la notion de durée à celle de temps, et qu’il projette dans l’espace.

Écho, miroir

Images employées en yukidō pour illustrer de quelle manière, pendant le toucher de la sensation interne, la main contacte et paraît réfléchir une sensation interne à elle et à la partie touchée, en résonance et dialogue constants, mais sans chercher à la modifier. L’attention est portée à « ce qui se passe » et non à ce qui est supposé « passer » d’une personne à l’autre.

Effet contextuel

Terme proposé par Brissonnet (2011) pour enlever au terme effet placebo son côté magique. En l’absence de médicament ou d’intervention dont l’efficacité a été prouvée par des études en double-aveugle, l’amélioration des symptômes peut être due au contexte. L’empathie avec le soignant, le fait de pouvoir exprimer son ressenti, le témoignage d’un proche qui vente tel ou tel praticien, remède ou soin etc. tout cela peut contribuer au mieux-être de celui qui souffre.

Émonctoire

Organe, conduit, canal, orifice (principalement : foie, poumons, reins, intestins et peau) qui permet l’évacuation des déchets organiques. Sert à éliminer les « humeurs ».

Enfoncement

Geste d’accompagnement où la main semble s’enfoncer sans rencontrer de résistance.

Esprit de discernement

Posture mentale fondamentale en yukidō, permettant de critiquer sans juger, et visant à situer plutôt qu’évaluer. Cette approche permet une réflexion critique créatrice.

Éveil des muscles

Pratique élaborée par les ateliers du Tilt à partir de 2008. Échauffement par lequel la sensation des muscles et chaînes musculaires indique peu à peu au corps entier leur besoin en mouvement et comment y répondre spontanément. L’organisme se dynamise et rééquilibre structurellement par ce processus.

Éveil des sensations

Pratique élaborée par les ateliers du Tilt à partir de 2005. Échauffement par lequel la sensation interne la plus prégnante est accueillie inconditionnellement, pour la laisser mouvoir le corps en se positionnant spontanément selon ses besoins, et l’émouvoir au sens littéral du terme. L’organisme se sensibilise et rééquilibre fonctionnellement par ce processus.

Extéroception

Terme scientifique emprunté à l’anglais. Sensibilité à des stimuli venant de l’extérieur. Sensibilité externe.

Extra-quotidien

Terme faisant référence à l’anthropologie théâtrale (Barba & Savarese 2005 [1991], 2008). L’accompagnement implique une conscience du temps et de l’espace différente de celle du quotidien, un « retournement» sensoriel qui semble les abolir, les étirer ou les rétrécir selon la nécessité du vécu.

Fascia

Terme anatomique désignant la membrane conjonctive qui enveloppe muscles et organes. Les fascias portent différents noms selon leur densité fibreuse : aponévrose pour les muscles, périoste pour les os, péricarde pour le cœur, plèvre pour les poumons, méninges pour le cortex, périnèvre pour les nerfs etc. Par extension : fasciathérapie (Bois & Berger 1990).

Flux interne

En yukidō, forces qui mobilisent les températures, consistances et mouvements internes au corps. Les flux se distinguent des fluides corporels en cela qu’ils les animent et modulent. Cette notion rejoint celle des « flux d’intensité » du Corps sans organes.

Fraîcheur

Sensation interne très particulière au corps en bonne santé, rappelant la température d’une brise légère, avec une souplesse où rien n’accroche et un mouvement régulier qui s’exprime en liberté. Le tout donne une impression d’équilibre qui s’ajuste facilement. C’est aussi la sensation interne des mains qui accompagnent, quand l’organisme a travaillé à sa juste mesure et qu’un certain réajustement s’est réalisé, localement ou globalement.

Glissé 

Geste d’accompagnement des fascias. La main contacte le fascia qui lui indique comment glisser dans la direction imprimée par le choc à l’origine du déplacement ou de la compression, avant de revenir à sa place initiale, plus lentement.

Homéorhèse

Homéo : semblable ; rhèse : couler, flux. Tendance de l’organisme à poursuivre son développement ou s’adapter à son environnement pour parvenir à un certain état (pas nécessairement stable).

Homéostasie

Homéo : semblable ; stasie : situation. Tendance de l’organisme à maintenir ou ramener les différentes constantes physiologiques (température, débit sanguin, tension artérielle, etc.) à des degrés qui ne s’écartent pas de la normale (source : TLF n.d.).

Immanence

Concept utilisé en yukidō dans un sens épicurien et spinozien, désignant ce qui émerge comme étant la « perfection » à partir de laquelle on peut agir pour améliorer son sort. Par contraste, la transcendance ne se satisfait pas de ce qui est, elle place la réalité dans un « arrière monde » supérieur au monde d’ici bas, et que l’on cherche à atteindre.

Impression sensorielle d’accompagnement 

Une fois contactée par le toucher de la sensation, la sensation interne du toucher chemine selon les fluctuations et déformations du Corps sans organes qui la font ressembler à une aberration sensorielle : impression que la main s’enfonce, gonfle, devient immense, se dissout etc.

Infratechnique

Néologisme créé dans les ateliers du Tilt. De infra : au-dessous, plus bas. Désigne un ensemble d’éléments techniques sous-jacents à une pratique immanente.

Intéroception

Terme scientifique emprunté à l’anglais. Sensation de la condition physique du corps en général et des viscères en particulier.

Involontaire (l’

Le yukidō émet l’hypothèse d’un involontaire qui serait au corps ce que l’inconscient est à l’esprit. Ce terme fait référence aux actions du système nerveux autonome et du système endocrinien qui assurent les processus de régulation interne avec l’homéostasie et l’homéorhèse.

Kan

Intuition sensitive, terme utilisé dans les arts martiaux et le seitai. Pendant un soin yukidō, l'intuition s’éveille par les sensations internes.et se vérifie tout au long de l'accompagnement.

Katsugen undō 活元運動

Mouvement régénérateur. 活 (katsu) vivre, régénérer – 元 (gen) source, origine – 運 (un) porter, transporter – 動 () mouvement. Littéralement : le mouvement qui régénère la vie à sa source. Le katsugen undō se manifeste par l’extériorisation des mouvements involontaires et semi-involontaires nécessaires à l’organisme pour se rééquilibrer.

Katsugen sōhō 活元操法

La méthode (de soin) du katsugen. Élément essentiel du yukidō, le katsugen sōhō consiste à accompagner activement les capacités d'auto-régénération de l'organisme pour qu'elles prennent toute leur envergure et aident à la guérison.

Ki

Terme intraduisible qui désigne aussi bien l'énergie vitale que la respiration, l'intuition, la prémonition... Orthographié Qi ou Chi en transcription du chinois.

Ki do ma 機度間

Ce qui permet à l'action de s'accomplir au moment propice, avec une intensité adéquate et une distance ajustée. 機 (ki) : moment, 度 (do) : intensité, 間 (ma) : distance. Notion commune aux arts japonais et au seitai, reprise en yukidō.

Ligne en creux

Impression sensorielle d’accompagnement où le bord de la main en contact semble tomber en s’enfonçant pour atteindre un fond linéaire, droit ou incurvé.

Main active, main passive,  main écho

Noguchi parlait de main active et de main passive pour décrire leur rôle respectif pendant un accompagnement. Le yukidō emploie le plus souvent les termes de main active et main écho, ajoutant la notion de synergie à celle de complémentarité des mains.

Mise en situation

Dans le cadre de nos ateliers d’auto-apprentissage coopératif en yukidō, stratégie élaborée collectivement pour expérimenter sous des angles différents un phénomène, par rapport à une question que l’on se pose.

Mouvement interne

Pendant le toucher de la sensation interne, le mouvement interne fait référence au troisième des trois paramètres (température, consistance et mouvement) de la sensation interne.

Mouvement régénérateur

Terme utilisé par Itsuo Tsuda pour traduire katsugen undo, pratique de l'involontaire qui permet un réajustement postural et spontané de l'organisme.

Mushin 無心

Vide d’intention. Innocent, sans ego. 無 (mu) le vide – 心 (shinkokoro) cœur, centre, esprit. Littéralement : le vide dans le cœur-esprit. Notion fondamentale en seitai et dans les arts japonais en général, reprise en yukidō.

Nocebo

Ce terme a été inventé par Walter Kennedy en regard de celui de placebo. Substance inactive qui crée des effets indésirables chez le patient à qui elle est administrée.

Noguchi seitai

Le seitai tel qu’il a été élaboré par Haruchika Noguchi.

Non-faire

Différent du « rien faire » mais proche du « laisser faire », le non-faire dans les arts orientaux a une connotation positive qui envisage l’action sous son aspect immanent.

Normalité 

En yukidō, la normalité d’un terrain, d’une sensation, d’un comportement, est une estimation circonstanciée et subjective qui fait dire à la personne qu’elle se sent (ou perçoit autrui) dans la « normalité ». Par extension : normalisation, anormalité.

Organismique

Adjectif qui considère l’organisme dans sa totalité, sans faire de séparation entre le psychique et le biologique, entre la conscience et le corps (source : TLF n.d.). L’auteur emploie les mots « organique » ou « organisme » pour représenter l’unité corps-esprit.

Pensée complexe

Selon Edgar Morin (2005), là où la pensée simplifiée cherche à résoudre les problèmes en simplifiant ses données, la pensée complexe déconstruit le compliqué, l’ambigu, ou l’inexplicable, en restituant aux données toutes leurs facettes.

Pensée magique

Elément de la pensée sauvage.

Pensée sauvage, pensée savante, pensée domestique

Pour Lévi-Strauss (2010 [1962]), la pensée sauvage est présente en tout homme tant qu’elle n’a pas été cultivée et domestiquée à des « fins de rendement ». Lévi-Strauss puis Nathan (2012) la confrontent à la pensée savante, scientifique. Ces deux pensées sont mises en regard par l'auteur avec ce que l’on pourrait appeler une pensée domestique, qui développe un savoir au quotidien toujours renouvelé, sans cesse mis à l'épreuve du réel et qui doit se réinventer à chaque instant pour s'adapter aux conditions et circonstances.

Placebo

Effet d’amélioration lié à l’idée de recevoir ou d’avoir reçu un traitement donné. Aussi appelé effet contextuel.

Plâtre musculaire 

Expression imagée pour désigner en yukidō une contracture des muscles (lumbago, torticolis etc.) qui immobilise un temps une partie du corps, empêchant par la douleur les mouvements qui lui seraient néfastes. Constante lors des mouvements, la douleur cesse en position antalgique. Le processus perdure le temps nécessaire au corps pour se rétablir.

Point de fatigue

Désigne en seitai un endroit du dos, souvent près de la colonne vertébrale, qui devient tendu, engourdi et plus ou moins douloureux, de manière récurrente, sous l’effet de la fatigue accumulée, physique, mentale ou émotionnelle. Terme repris en yukidō.

Pratiques de l’instant

Désigne toutes les pratiques qui se placent dans l’instantanéité de l’acte : improvisation artistique, composition instantanée..., mais aussi mouvement régénérateur, éveil des sensations et des muscles, yukidō.

Pratiques de l’involontaire

Techniques et méthodes qui sollicitent, chacune à sa façon, l’involontaire : la transe, le cri primal, la bio-énergie et le mouvement régénérateur pour exemples.

Pratiques du spontané

Techniques et méthodes qui sollicitent, chacune à sa façon, le spontané : techniques d’improvisation artistique, éveil des sensations et des muscles pour exemples.

Pratiques du sensible

Pratiques en lien direct et constant avec la sensorialité, comme source d’information, compréhension et action. Seitai, reboutage et yukidō sont des pratiques du sensible. Les thérapies manuelles, et plus largement les arts et artisanats ont tous une part de pratique du sensible.

Pressions du plein

Pendant l’accompagnement, la main perçoit les besoins de pression et rencontre le plein. Les glissé, appui, enfoncement par exemple sont suivis du : retour du glissé, rebond, dégagement selon que la main revient en place, rebondit ou s’éloigne.

Pressions du vide

Pendant l’accompagnement, la main perçoit les besoins de pression et rencontre le vide. Aspiration du vide, creux et ligne en creux se comblent lorsque la main est ramenée en surface par une poussée douce qui vient du fond contacté.

Pressions révélantes ou apaisantes

La pression exercée révèle ou apaise les sensations internes rencontrées.

Pressions larges ou ciblées

Elles sont exercées par la main entière ou seulement une partie, voire le bout des doigts.

Problématisation

Problématiser un fait ou un événement, c’est en faire émerger des questionnements qui lui rendent sa complexité et permettent une ouverture. Terme employé par Paulo Freire comme outil de conscientisation, puis par Foucault, Deleuze et Guattari comme outil d'analyse de la complexité du réel.

Proprioception

Du latin proprius : qui appartient à, et capere : recueillir (Vulgaris médical). Recueillir ce qui appartient à soi, ou à l’autre. Perception interne. Perception qu’a l’homme de son propre corps, par les sensations kinesthésiques et posturales en relation avec la situation du corps par rapport à l’intensité de l’attraction terrestre. « Les données de la proprioception sont sensorielles et proviennent des trois sources suivantes : tactile (…), kinesthésiques [sic] (…), labyrinthique. L’accumulation des données de la proprioception fournit à l’être humain son schéma corporel » (Lar. encyclop. Suppl. 1968). (TLF n.d.)

Proprioceptif

En rapport avec la sensibilité du système nerveux : informations provenant des muscles, des articulations et des os. La sensibilité proprioceptive complète les sensibilités intéroceptive (qui concerne les viscères), extéroceptive (qui concerne la peau) et celle des organes des sens. Elle permet d’avoir conscience de la position et des mouvements de chaque segment du corps (position d’un doigt par rapport aux autres, par exemple) et donne au système nerveux, de façon inconsciente, les informations nécessaires à l’ajustement des contractions musculaires pour les mouvements et le maintien des postures et de l’équilibre. […]

La sensibilité proprioceptive est rendue possible par l’existence de récepteurs microscopiques, les propriocepteurs, situés dans les muscles (fuseaux neuromusculaires) et leurs tendons (organes tendineux de Golgi), dans les ligaments des articulations, dans la peau de la paume des mains et de la plante des pieds (corpuscules profonds de Paccioni). Ces récepteurs sont sensibles à l’étirement ou à la pression. Des fibres nerveuses en partent, qui cheminent dans les nerfs et parviennent à la moelle épinière, où elles forment deux sortes de faisceaux de substance blanche : cordons postérieurs se terminant dans le cortex cérébral (lobes pariétaux) pour la voie consciente, faisceaux spinocérébelleux se terminant dans le cervelet pour la voie inconsciente. (Extraits du Larousse médical, www.larousse.fr/encyclopedie/medical/proprioceptif/15559)

Proto -

Premier. Delassus (2005a ; 2005b) appelait proto-regard le premier regard (dans le temps et/ou en intensité et profondeur) que le nouveau-né porte à sa mère ou à la personne près de lui. Par extension, le yukidō emploie les termes : proto-toucher, proto-sens.

Réajustement postural

Effet de rééquilibrage spontané de la posture, induit par l’involontaire pendant et à la suite d'un accompagnement.

Rebond

Retour de l’appui à la suite d'une pression exercée par la main qui accompagne.

Reboutage

Remettre bout à bout ce qui a été démis. Le reboutage n'est pas limité aux articulations mais s'adresse à tout ce qui concerne la structure organique, pour favoriser son fonctionnement.

Resensibilisation

Terme utilisé en seitai puis repris en yukidō. Regain de sensations, pas forcément agréables mais souvent nécessaires à l'organisme pour percevoir l'anormalité de son état et mettre en place des stratégies de normalisation. Ce regain est envisagé comme la capacité retrouvée de l'organisme à percevoir ses sensations internes et les besoins sensibles qu’elles expriment.

Résonance

Selon Hartmut Rosa (2013), les axes de résonance (terme employé par le physicien et théoricien de l’art Richard Taylor) permettent un lien sensoriel entre soi et le monde, dans un sens opposé à celui de l’aliénation. Le toucher de la sensation semble permettre à la main, comme à l’organisme accompagné, d’entrer mutuellement en résonance.

Retour

Retour d’un appui, d’un glissé, d’un enfoncement que la main perçoit et accompagne (autant que l’aller).

Sauvage

Terme employé dans son sens anthropologique, regroupant un acquis spontané et un savoir dicté par les lois de la nature comme du monde invisible.

Savant

Se dit d’une théorie, pratique ou technique enseignées de manière didactique, difficiles d’accès, réserse dit d’une théorie, pratique ou technique enseignées de manière didactique, difficiles d’accès, réservée aux érudits.

Savoir domestique

Savoir et savoir-faire non didactiques, élaborés par l’expérience et de façon empirique. Il se transmet par imprégnation plus qu’il ne s’enseigne. Les sensations, étant à la fois subjectives, individuelles et reconnaissables d'une personne à l'autre, permettent l’élaboration (seul ou à plusieurs) d’un savoir domestique autonome. L’auteur situe ce dernier entre le savoir sauvage et le savoir savant.

Seitai 整体

Le corps réajusté, accordé. 整 (sei) organiser, régler, arranger – 体 (tai) le corps.Itsuo Tsuda disait aussi que dans seitai on entend : 勢 (seit) posture – 合 (ai) harmonie : l’harmonie de la posture. Le seitai est à la fois un art de vivre, une philosophie et un art du soin qui vise l'autonomie, la liberté et la créativité. Par extension : « (se) seitaïser ».

Seitai domestique

Terme initié par Andréine Bel pour qualifier le katsugen sōhō, cette partie du seitai accessible à tout un chacun et en lien avec l'involontaire. Le seitai domestique puise son savoir dans l'« intelligence » de l'organisme.

Seitai sōhō 整体操法

La méthode, technique savante du seitai. 整 (sei) organiser, régler, arranger – 体 (tai) le corps – 操 (sō) manipulation – 法 (hō) technique.

Semi-involontaire (ou semi-volontaire)

Désigne les mouvements qui se déclenchent involontairement mais que l’on peut selon les cas faciliter, solliciter, arrêter ou modifier à volonté (bâillement, éternuement, sommeil paradoxal, tremblements… et mouvement régénérateur). Ils sont à discerner des réflexes et mouvements végétatifs totalement involontaires, sur lesquels la volonté n’a pas d’emprise.

Sensation externe

Se dit d’une sensation venant de l’extérieur du corps : chaleur du soleil sur la peau, mise en torsion d’un membre, vibrations transmises par un tambour…

Sensation interne

Se dit d’une sensation venant de l’intérieur du corps : fièvre, crampe, tremblement…

Sensibilité proprioceptive

La sensibilité proprioceptive est rendue possible par l’existence de récepteurs microscopiques, les propriocepteurs situés dans les muscles (fuseaux neuromusculaires) et leurs tendons (organes tendineux de Golgi), dans les ligaments des articulations, dans la peau de la paume des mains et de la plante des pieds (corpuscules profonds de Paccioni). Ces récepteurs sont sensibles à l’étirement ou à la pression. Des fibres nerveuses en partent, qui cheminent dans les nerfs et parviennent à la moelle épinière, où elles forment deux sortes de faisceaux de substance blanche : cordons postérieurs se terminant dans le cortex cérébral (lobes pariétaux) pour la voie consciente, faisceaux spinocérébelleux se terminant dans le cervelet pour la voie inconsciente. www.larousse.fr/encyclopedie/medical/proprioceptif/15559

Senti versus ressenti

Le senti correspond à la perception des cinq sens, mais aussi du sens vestibulaire de l'oreille interne (pour le positionnement dans l'espace), des nocicepteurs (pour la douleur) et des thermorécepteurs (pour la température) et de son propre niveau de tension musculaire, ou de son tonus (pour le mouvement). Le senti résulte de l’extéroception (cutanée), de la proprioception (interne au corps) et de l’intéroception (qui concerne plus particulièrement les viscères et vaisseaux). Le ressenti, lui, donne une appréciation et une interprétation du senti : agréable ou désagréable, bon ou mauvais, exacerbant ou lénifiant, structurant ou déstructurant…

Shite して

Celui qui agit. Dans la relation de soin seitai, il désigne celui qui accompagne.

Soin domestique

Notion en rapport avec le savoir domestique, prendre soin de soi ou d’autrui (comme) à la maison, à partir d’un savoir empirique, expérimental et non didactique basé sur les sensations.

Sōtai 操体

manipulation du corps. Pratique de soin fondée par Hashimoto Keizo (1897-1993).
操 (sō) manipulation, 体 (tai) corps. La construction du mot est inverse de taisō, suggérant une approche du mouvement qui va dans le sens aisé indiqué par le corps, au contraire d'une technique qui cherche à dépasser les limites douloureuses.

Sōtaihō 操体

Art de vivre et philosophie utilisant les principes du sōtai.

Spontané (le)

Terme employé en yukidō pour désigner une action ou attitude à l’interface entre le volontaire et l’involontaire.

Taisō 体操

Exercices corporels. Terme générique utilisé par différentes disciplines japonaises. 体 (tai) le corps – 操 () utiliser, opérer, manipuler. Dans cet ouvrage, l’auteur distingue trois sortes de taisō. Les taisō techniques sont enseignés et reproduits pendant une pratique de seitai sōhō. Les taisō involontaires s’élaborent d’eux-mêmes en répondant aux besoins sensibles de l’organisme, pendant une pratique de katsugen undō (mouvement régénérateur). Enfin les taisō spontanés se manifestent pendant le katsugen undō et l’éveil des sensations.

Tenshin 天心 

Cœur du ciel pur, non-agir. 天 (ten) ciel, paradis, Dieu – 心 (shin, kokoro) cœur, centre, esprit. Littéralement : centre du ciel. Terme utilisé en aïkido avec la notion d’esprit calme, et repris en seitai puis en yukidō. Selon Itsuo Tsuda : « État d’esprit de non-faire comparable à un ciel sans nuages ».

Tilt (Le)

Association ayant pour objet la recherche, l’improvisation et la création artistique. www.wiki.leti.lt

Toucher de la sensation externe

Désigne en yukidō le contact entre deux sensations externes, celle de la main avec celle de la partie touchée. La main peut percevoir la température, la consistance et le mouvement des organes et de leurs fluides corporels (principalement sang et lymphe). Ce toucher a une influence sur les sensations externes et internes.

Toucher de la sensation interne

Désigne en yukidō le contact entre deux sensations internes, celle de la main avec celle de la partie accompagnée.  La main peut percevoir la température, la consistance et le mouvement des flux qui animent les organes et fluides corporels. Ce toucher a une influence sur les sensations internes et externes.

Toucher de la totalité

Terme proposé en écho à Delassus (2005a ; 2005b), qui parle de « regard de la totalité » pour qualifier le proto-regard à la naissance du bébé. Le toucher de la totalité qualifie le proto-toucher : il est immanent, neuf et unique à chaque instant, en adéquation spontanée avec ce qui est touché et l'environnement.

Toucher élargi

En yukidō, fait référence à la conscience élargie de Bergson, et qui permet, pour le praticien à main nue de contacter tissus profonds et fluides, et lorsqu’il se situe dans la durée, de percevoir les flux qui les animent.

Vitalisme

Doctrine philosophique qui pose l’existence d’un principe vital distinct à la fois de l’âme et de l’organisme, et qui fait dépendre de lui toutes les actions organiques. (Larousse, www.larousse.fr/dictionnaires/francais/vitalisme/82239) Doctrine selon laquelle les phénomènes de la vie sont irréductibles aux phénomènes physico-chimiques et manifestent une force vitale irréductible aux forces de la matière inerte. (TLF n.d.)

Yuki

愉気 la plénitude du ki. 愉 (yu) la joie – 気 (ki).

Yukihō

愉気法 la pratique du yuki.

Yukidō

愉気道 la voie du ki joyeux.